Actualité à la Hune

La chronique de Nico

Cap sur la Volvo

Après sa magnifique saison en Figaro, Nicolas Lunven a jeté son sac à bord de Turn The Tide On Plastic, l’un des sept bateaux qui prendra dimanche prochain le départ de la Volvo Ocean Race depuis Alicante (Espagne). Durant l’ensemble des étapes auxquelles il participera, notre chroniqueur de luxe vous fera vivre l’ambiance si particulière de la course autour du monde en équipage. Voici son premier billet consacré à son rôle de navigateur.
  • Publié le : 18/10/2017 - 00:01

Turn the Tide On PlasticA la barre du Volvo 65 avec notre skipper, Dee Caffari, de dos.Photo @ Jen Edney/Volvo Ocean Race
Fin juillet, j’ai été contacté par la navigatrice anglaise Dee Caffari pour participer à la Leg Zero de la Volvo Ocean Race, en remplacement d’un équipier blessé (Brian Thompson). Cette Leg Zero était constituée d’une série de courses en guise d’entraînement, de qualification et de show avant le départ de la Volvo Ocean Race : tour de l’île de Wight, Rolex Fastnet Race, Plymouth – Saint-Malo et enfin Saint-Malo – Lisbonne, entre le 2 et le 17 août.

Ce que Dee Caffari m’a «caché» au départ, c’est que Brian Thompson était grièvement blessé et qu’il ne pouvait pas naviguer avant janvier 2018. Il fallait donc lui trouver un remplaçant de manière durable. De là est née l’idée de constituer un binôme pour travailler ensemble et alterner les étapes pour pouvoir se reposer. Me voilà donc navigateur à bord de Turn The Tide On Plastic, une deuxième participation à cette course après celle de 2014-2015 sur Mapfre qui s’était terminé trop tôt au Cap (Nicolas Lunven débarqua du bateau espagnol en Afrique du Sud, ndlr).

Turn the Tide On PlasticL'humidité est permanente à bord de ces bateaux. Photo @ Jen Edney/Volvo Ocean Race
Turn The Tide On Plastic

Notre projet défend la cause de la lutte contre la pollution plastique de l’eau, soutenue par la Fondation Mirpuri. Nous formons un équipage très jeune – la plupart des équipiers ont moins de 30 ans –, mixte et avec peu d’expérience de la course au large. De plus, le projet s’est monté très tardivement au début du mois de juillet. Nous ne sommes donc clairement pas favoris, mais il règne au sein de l’équipe une énergie positive, une volonté d’apprendre et de progresser. Nous savons très bien que nous ne pouvons pas rivaliser face aux grosses écuries comme Mapfre, Dongfeng ou encore Brunel, mais nous espérons bien progresser le plus vite possible pour venir les chatouiller. La Volvo Ocean Race est course très longue (9 mois) et il peut se passer beaucoup de choses.

Turn the Tide On PlasticCourse au large d'accord mais aussi course au contact en permanence. La navigation y est du coup très particulière.Photo @ Sam Greenfield/Volvo Ocean Race
Pour ma part, après la Leg Zero, qui s’est terminée le 17 août, je suis rentré en France pour participer aux dernières courses du championnat de France de course au large en Figaro et je n’ai rejoint l’équipe que la semaine dernière à Lisbonne, juste avant le départ du prologue en direction d’Alicante. Le rôle de navigateur sur un Volvo 65 est très différent de ce que j’ai l’habitude de faire en Figaro ou en IMOCA, où on est généralement tout seul ou à deux à bord. Ici, le navigateur scrute la météo de manière plus fine, passe son temps à faire des routages, réactualiser les infos, traquer les concurrents à chaque réception des fichiers de position, voire à l’AIS quand nous sommes suffisamment proches. Il y a aussi toute la partie performance et analyse de données : les Volvo 65 sont des bateaux compliqués, difficiles à faire aller vite et les écarts sont faibles, il faut être extrêmement pointilleux, rigoureux. Pas de place à l’improvisation !

Nicolas LunvenCe sera mon bureau lors des étapes de la Volvo Ocean Race que je vais disputer à bord de Turn The Tide On Plastic.Photo @ Jen Edney/Volvo Ocean Race
Grand départ d’Alicante dimanche

Le prologue entre Lisbonne et Alicante la semaine dernière s’est plutôt bien passé pour nous. Dans des conditions très légères, nous avons terminé 4e après nous être bien bagarrés et après avoir été longtemps 3e. Le week-end dernier s’est déroulé l’In-Port Race, sous un format de parcours banane à trois tours, chacun étant long d’environ 1,2 mille. Pas facile de naviguer au contact avec ces bateaux sur de si petits parcours : les manœuvres coûtent cher et l’inertie des voiliers est énorme. Nous terminons derniers mais avons beaucoup appris, en espérant mettre à profit tous ses enseignements sur les étapes à venir. Pour rappel, ces régates In-Port ne comptent pas pour le classement général, à part à la fin de la course s’il faut départager des concurrents ex aequo.

Place à la vraie compétition ce dimanche 22 octobre avec le départ de la première étape en direction de Lisbonne avec un crochet par Porto Santo (archipel de Madère).