Actualité à la Hune

Notre reporter était à bord

La Drheam Cup en amateur, quel pied !

Partis de La Trinité-sur-Mer le lundi 23 juillet, 83 concurrents de la Drheam Cup s’étaient fixé l’objectif de rejoindre Cherbourg (Cotentin) le plus rapidement possible. Parmi eux, des Multi50, des monocoques 60 pieds (IMOCA), des Class40, mais aussi des IRC professionnels ou amateurs. Et parmi ces derniers, six amis s’étaient inscrits à bord de leur JPK 10.10 Fds-CAEC, du nom d’une association qui leur permet à longueur d’année de tâter de la course au large tout en conservant un regard d’enfant curieux sur cette discipline. Pour l’occasion, notre reporter Valentin Belleville avait choisi d’embarquer avec eux. Puis de nous ramener ces instantanés. Moments de doute, moments de joie, moments de vie à bord pour ces six compagnons. Roman-photo.
  • Publié le : 06/08/2018 - 00:01


La Drheam Cup en amateur, quel pied !En cette fin juillet, la chaleur est écrasante sur les pontons de La Trinité-sur-Mer. Le grand pavois des sponsors de la Drheam Cup, hissé sur les bateaux des concurrents, flotte à peine. Je retrouve Franck, le propriétaire et skipper de Fds-CAEC, un JPK 10.10 basé à Cherbourg sur lequel nous allons naviguer.Photo @ Valentin Belleville
La Drheam Cup en amateur, quel pied !Pour l’équipage de FdS - CAEC, c’est le quatrième départ d’une grande course après deux ArMen Race et un Fastnet. Ils ne se lassent pas d’évoluer parmi les monocoque 60 pieds du Vendée Globe, les multicoques et les Class40 de la Route du Rhum. Comme des gosses, ils prennent des photos, s’interpellent : «Regarde c’est Sam Davies ! Et là Yoann Richomme !»Photo @ Valentin BellevilleLa Drheam Cup en amateur, quel pied !Dans ce petit temps, au près, FdS - CAEC hisse le J1, son grand génois. Bon départ ! Dès les premiers instants, on sent que la bataille va être rude. Franck réclame tout le monde sous le vent pour équilibrer le bateau.Photo @ Valentin BellevilleLa Drheam Cup en amateur, quel pied !Franck, lui, est à la table à cartes où il peaufine le routage et vérifie la position des concurrents directs. Il lève régulièrement le nez pour encourager ses troupes : «C’est incroyable, continuez ! On peut encore en dépasser quatre qui sont coincés par le courant devant !».Photo @ Valentin BellevilleLa Drheam Cup en amateur, quel pied !Après 60 heures de course, au petit jour, les côtes anglaises se dessinent à l’horizon. Des dizaines de dauphins nous ouvrent la voie vers l’Est des îles Scilly et le Wolf Rock. Photo @ Valentin BellevilleLa Drheam Cup en amateur, quel pied !Yann, fin barreur, fait une route assez incroyable avec si peu de vent. Thomas et Aude, régleurs de talent, se succèdent au spi. L’ambiance légère des jours de pétole a laissé place à la concentration.Photo @ Valentin BellevilleLa Drheam Cup en amateur, quel pied !De jour comme de nuit, les six amis ne relâchent pas leurs efforts. Toujours le nez dans les voiles, et les yeux qui naviguent entre le routage à l’ordinateur et le compas.Photo @ Valentin BellevilleLa Drheam Cup en amateur, quel pied !Eole n’a décidément pas l’intention de pointer le bout de son nez : la flotte patine dans une quasi-pétole. Résignés, des concurrents annoncent déjà leur abandon à la VHF. Sur le JPK, le moral reste intact. Photo @ Valentin BellevilleLa Drheam Cup en amateur, quel pied !Le phare de Wolf Rock, à laisser à tribord. Le passage de ce deuxième waypoint arrive le quatrième jour comme une bénédiction pour FdS. Tous se félicitent du chemin parcouru : Largo et trois autres concurrents sont encore à portée.Photo @ Valentin BellevilleLa Drheam Cup en amateur, quel pied !Les habitudes sont là aussi : midi et soir, on partage ensemble les repas lyophilisés, en refaisant le monde. Sur le JPK, le moral reste intact.Photo @ Valentin Belleville

La Drheam Cup en amateur, quel pied !Au bout de ces deux jours de course, les corps s’habituent à la fatigue due au rythme des quarts, organisés par tranche de trois heures. L’équipage est plus soudé que jamais.Photo @ Valentin BellevilleLa Drheam Cup en amateur, quel pied !À l’aube du cinquième jour de régate, le vent revient dans le Sud de l’Angleterre. Le bateau marche bien. A bord, on se met à espérer un finish en beauté. FdS occupe toujours la 9e place, mais si on espère bien passer la ligne devant deux ou trois concurrents, on vise aussi le classement en temps compensé, favorable au JPK.Photo @ Valentin BellevilleLa Drheam Cup en amateur, quel pied !Des rires, des accolades, des larmes salées... L’équipage exulte au passage de la ligne d’arrivée devant le port de Cherbourg. Comme dans un rêve, le temps compensé permet d’accrocher la 2e place de la Drheam Cup en IRC. Comme dans un rêve aussi, le JPK remonte le chenal aux côtés des monocoques 60 pieds.Photo @ Valentin BellevilleLa Drheam Cup en amateur, quel pied !Six amis âgés en moyenne d’une trentaine d’années : ils sont consultants en informatique ou en énergies renouvelables, architecte d’intérieur, ou encore ingénieur en génie biologique. Deuxième en temps compensé en IRC ! Sur le pont, les regards humides se croisent, les mots ne sortent pas toujours. Ils semblent dire : «C’est vraiment réel ?» Il y a des courses qui restent gravées à jamais.Photo @ Valentin Belleville