Actualité à la Hune

CHRONO 6.50

Les minis à l'assaut de Groix, tout est permis !

En voilà une bonne raison – une de plus – pour les ministes d’aller faire foncer leurs petits bolides ! La Chrono 6.50 est à la fois une rentrée des classes et la dernière course de la saison avant les entraînements d’automne et les chantiers d’hiver. Elle est organisée par la classe, avec le coup de main des bénévoles, du petit déjeuner jusqu’au barbecue.
  • Publié le : 28/09/2018 - 11:00

Chrono 6.50Ambiance préparatifs dans le port de Kernevel à la veille du départ de la Chrono 6.50.Photo @ Anne Beaugé
C’est la dernière course de la saison : alors autant que le concept soit amusant et stimulant. La Chrono 6.50 est un contre-la-montre autour de l’île de Groix. Avec une ligne de départ posée entre deux perches visibles depuis la vue –imprenable – de la terrasse de la Société nautique de Larmor-Plage (Morbihan), et un parcours presque libre, il y a de quoi faire cogiter les marins. Pour que ce soit plus drôle, le sens de rotation est libre, l’heure de départ aussi, puisque la ligne est ouverte pendant 3 jours, de 9 heures à 20 heures. Une seule marque est à respecter : la cardinale Sud de la pointe des Chats. Un contre-la-montre et quatre tours sont à réaliser en trois jours, ce qui impose deux tours sur une journée au choix.

43 bateaux participeront à cette 13e édition, la course étant bisannuelle pour cause de départ de Mini-Transat les années impaires. Encore plus fun ? Faites votre chrono en solo ou en double, avec possibilité de changer d’équipier chaque jour. Une bonne centaine d’entre eux est donc attendue ce week-end, et si le vent risque de ne pas être propice à l’établissement d’un nouveau record, tourner Groix sous le soleil va offrir une navigation proche de l’idéal…

Chrono 6.50Briefing sur la terrasse de la Société Nautique de Larmor.Photo @ Anne Beaugé

On l’aura compris : c’est aussi l’occasion d’amener naviguer des amis, et de faire partager un petit bout de cette aventure solitaire et (un petit peu) extrême, de vendre de la glisse et du rêve à ceux qui cherchent – et ils sont nombreux en mini – à boucler leur budget et trouver des sponsors. L’intérêt ? Naviguer en armement côtier minimum, comme tous les régatiers, pour une fois ! Eh oui, car les courses de Mini 6.50 étant des courses au large, coureurs et bateaux sont d’ordinaires assujettis à une mise à disposition longue et des contrôles sécurité aussi sérieux que fastidieux, de la cartographie papier, à la pharmacie en passant par le test chronométré de mise à l’eau du radeau de survie. 

Cadors à bouts rond, à bouts pointus et mi-ronds mi-pointus !

Les cadors de la classe Mini seront présents : Erwann Le Méné avec le bout pointu n° 800, champion de France Course au large 2018, François Jambou et le n° 865 à bout rond de David Raison, ainsi qu’Axel Trehin qui ne cache pas ses ambitions pour son plan Lombard (bout mi-rond mi-pointu) Tartine cherche du beurre. Records à battre : Yves Le Blévec, qui détient le record absolu depuis 2007 en proto : 2 heures 40 minutes et 34 secondes sur le proto n° 624 et 3 heures 1 minute et 15 secondes en série. En série, ce dernier temps a été battu à la dernière édition par Benoît Sineau sur le Pogo 3915. Cette année sont attendus au tournant les nouveaux bateaux de série encore pour le moment jaugés en prototypes, les bouts ronds dessinés par David Raison, quatre Maxi 6.50 inscrits et un Vector 6.50 plan Etienne Bertrand.

Vector 6.50Les scow de série devront faire leurs preuves sur cette saison 2018 comme le Vector 6.50, un plan Etienne Bertrand, skippé par Kéni Piperol.Photo @ Laurène Coroller

Questions anecdotes croustillantes des précédentes éditions ? A part quelques démâtages réglementaires, pas d’échouages, pas de mouillages ou d’arrêts à Port-Tudy… Mais, selon Annabelle Moreau et Camille Croguennec, administratrices de la classe Mini, elles peuvent être parmi les détentrices du record du plus long Chrono, sur un bateau rose dont on taira le nom !

Pour la classe Mini, la Chrono marque la fin d’une excellente saison dans la bonne humeur, notamment en termes de nombre de participants. Même si c’est une année sans transat, elle connaît un fort engouement sur toutes les courses Atlantique : les participants commencent à se qualifier plus tôt, les milles à réaliser en course pour se qualifier ont été augmentés de 1 000 à 1 500 – à l’instar de la course Les Sables-Les Açores-Les Sables 2018, 56 bateaux cette année contre 22 bateaux en 2016. Cette saison s’est avérée quasiment sans conditions fortes, même si ces conditions de vents légers peuvent être un peu trompeuses pour les bizuths qui n’ont pas fait de grand large et dont c’est la première saison.

Axel Trehin : «Tartine cherche du beurre est une bombe au reaching.»

Axel Trehin (proto n° 945 Tartine cherche du beurre) est à la fois excellent élève un et ambitieux guerrier sur l’eau. «J‘ai choisi de construire mon bateau, d’abord parce que c’est mon métier, et puis parce que mes deux précédents minis étaient des épaves que j’ai récupérées et bricolées, donc c’était une suite naturelleEt puis, je travaillais avec les architectes du cabinet Lombard pour ajouter des foils sur mon ancien proto, là aussi, au fil des discussions, on s’est convaincu qu’il fallait dessiner un bateau depuis le début, et qui plus est, un bateau qui marche d’abord comme un bateau normal, sans foils.» 

Tartine Cherche du BeurreAvec son proto n°945 Tartine Cherche du Beurre qu"il a construit, Axel Trehin a remporté la Mini Fastnet et la Duo Concarneau Challenge BFR Marée Haute.Photo @ Anne Beaugé Anne Beaugé

Alors ? Nez pointu ou scow ? C’est le choix crucial aujourd’hui en mini, où la jauge l’autorise, avec l’évidence du scow n° 865 Maximum qui est indétrônable. «Nous avons choisi une carène hybride, large avec du volume à l’avant mais dont l’étrave est un peu pincée, et je trouve que le bateau n’a pas beaucoup de trous dans les difffférentes allures, du près au portant. C’est évidemment une bombe au reaching.» Résultat : Tartine affiche un sacré caractère. «La Chrono, pour moi, va être l’occasion de passer un bon moment sur l’eau, de choisir un parcours adapté à son bateau, limiter les manœuvres en allant vite tout le temps, bien sûr, et samedi sera l’occasion de naviguer avec Thomas Coville, de tester des réglages, qui sont nombreux sur Tartine : quille basculante et orientable, mât réglable entre autres.»

Tartine Cherche du BeurreL"intérieur épuré du proto Tartine cherche du beurre.Photo @ Anne Beaugé

Axel emmènera ensuite le bateau chez lui, pour un chantier d’hiver spécial : Tartine devrait être dotée de foils. «Elle est prête pour cela, il ne manque que le coup de pouce apporté par un budget.» En attendant, Tartine surfe dès aujourd'hui sur la Chrono.